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Bien que cette
constellation soit aujourd’hui appelée le Corbeau, elle est en fait
l’oiseau prophétique d’Apollon. Les plumes d’argent de cet oiseau
devinrent éternellement noires lorsque le dieu, courroucé, le maudit pour
lui avoir annoncé que sa maîtresse Coronis lui était infidèle.
Pour les Celtes, le corbeau était aussi l’oiseau sacré de Bran, le dieu
dont la tête coupée et prophétique se trouve, dit-on, sous la Tour de
Londres, laquelle est toujours gardée par des corbeaux, dont dépend la
sécurité de la cité. Deux corbeaux appelés Hugin et Mugin, ou Esprit et
Mémoire, sont également perchés sur les épaules du dieu nordique Odin et
l’informent de tout ce qui se passe dans le monde. La venue de Corvus dans
le ciel semble cependant remonter à la vallée de l’Euphrate, où c’était un
des corbeaux géants nourris par le dragon du chaos, Tiamat ou l’Hydre, sur
le dos duquel il se tient.
Dans la Grèce antique, Crater, la coupe d’or sur le dos de l’Hydre,
appartenait, comme le Corbeau, à Apollon, le dieu de la Musique et de la
Divination, et à Dionysos, le dieu réjoui du Vin, qui, avec son entourage
de léopards, centaures et satyres, balaya la Grèce comme une tempête
venant d’Asie Mineure.
Elle a également été associée à la « Coupe Soma » de l’Inde antique et à
la « Coupe du Christ », le Saint-Graal. |